La nanoveille de la semaine : 7 avril 2012

Une nanoveille, une nanocollection de liens choisis, comme on dit des morceaux choisis, une sélection de mon butinage de la semaine, une page de curation culturelle avec un angle social et féministe.

1. Harper donne de la viande à sa base conservatrice. La mise au ban aura été provisoire car les conservateurs reviendraient à la charge avec une nouvelle version du projet de loi C-30, la loi pour la surveillance du citoyen numérique, que Michael Geist estime plus inquiétante que la précédente.

600 postes seront coupés à Radio-Canada et la CinéRobothèque de l’ONF fermera ses portes dans la foulée de cette série de coupures idéologiques. Le ministre John Baird a annoncé la fin de l’organisme Droits et démocratie.

2. Le contenu numérique à la une* [en anglais]. Une étude de Pew Internet rapporte que 21 % des américains ont lu un livre numérique et que l’accessibilité de ce format de lecture en incite plusieurs à lire davantage. Le prêt numérique via le Kindle génère des revenus pour les auteurs tout en augmentant les ventes de ceux dont on emprunte les oeuvres. Cory Doctorow construit un argumentaire visant à établir que les DRM qui verrouillent les contenus des livres numériques loin de protéger le marché du livre affaiblissent les éditeurs. Ce guide DRM 101 présente une synthèse des enjeux et une conclusion visant à concilier la vision des bibliothèques avec les intérêts du marché ou, autrement dit, à réduire la tension entre la commercialisation et la démocratisation :

Publishers would be much safer trusting libraries to uphold our covenant to respect copyright and intellectual property rights, rather than spending more time and energy pretending that DRM works.

Plus qu’une idée, ce serait maintenant un projet réel, en dépit sa saveur utopique, Robert Darnton, le réputé bibliothécaire et chercheur de Harvard, promet la bibliothèque publique numérique américaine pour avril 2013. Cette bibliothèque constituera l’effort des États-Unis en vue de constituer sa mémoire numérique publique en offrant un accès gratuit à des millions de collections spéciales et de livres numérisés. On y retrouve l’ambitieux concept du Google Print Project mais sans but lucratif.

*On notera l’allitération dans le titre.

4. Regard oblique sur les cybermarges [en anglais et français]. La mobilité contribue à la fracture numérique, et non l’inverse, comme on l’a souvent prétendu : des cyberghettos émergent. On parle de deux internets, ou d’un internet à deux vitesses, celui des blancs qui explorent le territoire numérique connectés dans le confort de leur foyer et celui des communautés culturelles et des citoyens avec peu de revenus, qui ont essentiellement accès au web via leur téléphone cellulaire :

Meanwhile, mobile wireless is quickly taking shape as a second Internet, one in which people of color and users with little income are entirely dependent upon cell phone companies for access. That Internet is unregulated. Companies are free to do as they please with customers—they can control what users see, do and say online. And as the country grows more dependent on high speed Internet, the handful of companies who own its mobile version are steadily working to consolidate their power. Whether and how policy makers allow that to happen may determine who gets a voice in our 21st century economy, and who’s left as its prey.

D’autres frontières se tracent ailleurs sur le web, notamment du côté des groupes pro-ana qui rassemblent une clientèle surtout féminine faisant la promotion de l’anorexie. Selon Antonio A. Casilli, qui s’est penché sur les activités de ces groupes, l’exclusion des sites pro-ana et la censure de leurs contenus, comme Tumblr l’a proposé récemment ou éventuellement Pinterest, pourraient avoir des conséquences fâcheuses pour ces populations à risque. Les mouvements de ce type de groupes sur le web depuis quelques années suggèrent un effet dentifrice indiquant que la censure ne fonctionne pas puisqu’ils se déplacent, se densifient et deviendraient encore plus difficiles à rejoindre dans une démarche de santé publique.

La cyberflânerie est appelé à devenir une pratique marginale (reprise et traduction d’un article paru dans The New York Times par Evgeny Morozov):

Les Cyberflâneurs sont rares et sont isolés, et la pratique même de la cyberflânerie semble en contradiction avec le monde des réseaux sociaux. Que s’est-il passé ? Et devons-nous nous en inquiéter?

5. Sous le signe du printemps, des collections qui croissent et verdissent [en anglais et en japonais]. Voici une invitation à cultiver votre jardin web à l’aide d’une bibliothèque de graines à Palo Alto et d’une ferme de mangas au Japon. Dans le dernier cas, on peut se demander ce qui pousserait dans le livre de Éric Duhaime si on appliquait la méthode de culture développée par les adeptes de mangas farming et qui consiste à semer des graines entre les pages d’un document et à l’arroser diligemment.

| Ces dames portent le carré rouge sur la photo en guise d’appui à la grève des étudiants et étudiantes au Québec (sixième semaine). Photo : Georges Eastman House, licence : aucune restriction de copyright connue, source : Flickr |

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